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Mis à jour le 1er mai 2026 — Par Alexandre Juvé

L’inflation cumulée 2022-2026 en France atteint environ 14% selon l’INSEE [≈ à vérifier]. Pour une entreprise qui a laissé 1 million d’€ sur un compte courant à 0% pendant ces 4 années, cela représente une perte de pouvoir d’achat de 140 000 € — silencieuse mais bien réelle. En 2026, plusieurs stratégies permettent de protéger la valeur réelle de la trésorerie. Voici lesquelles.

L’inflation, l’ennemi invisible de la trésorerie

Beaucoup de dirigeants pensent qu’une trésorerie sur compte courant est « neutre » : ni gain, ni perte. C’est faux. En période d’inflation, elle perd silencieusement son pouvoir d’achat, à hauteur du taux d’inflation annuel.

Sur 5 ans à 2,5% d’inflation cumulée, 1 million d’€ sur compte courant équivaut à ~880 000 € en pouvoir d’achat 2031. Soit 120 000 € de perte invisible.

Le taux réel : taux nominal − inflation

La règle simple à retenir :

Taux réel = Taux nominal du placement − Taux d’inflation

Sur un Livret B Pro à 0,5% en période d’inflation 2,5% : taux réel = -2%. Vous perdez de l’argent en termes réels, sans même vous en rendre compte.

Sur un compte rémunéré entreprise à 3,4% : taux réel = +0,9%. Vous protégez votre pouvoir d’achat et vous le faites légèrement croître.

Les 4 stratégies anti-inflation pour une PM

Stratégie 1 — Compte rémunéré indexé Euribor / €STR

Plusieurs comptes rémunérés entreprise sont indexés sur l’Euribor 3 mois ou €STR. En période de hausse de l’inflation, la BCE remonte ses taux directeurs → l’Euribor monte → votre rendement monte mécaniquement.

Exemple : compte rémunéré indexé « €STR + 0,3% » → si €STR à 3% (cas typique 2024-2026), vous touchez 3,3%. Si l’inflation pousse €STR à 4%, vous touchez automatiquement 4,3%.

Stratégie 2 — Fonds monétaires (équivalent indexé)

Les fonds monétaires investissent dans des titres de créance courts dont le rendement suit naturellement les taux courts (€STR). Effet similaire au compte rémunéré indexé, avec liquidité quotidienne en plus.

Stratégie 3 — SCPI (revalorisation des parts)

Les SCPI bénéficient d’un double effet anti-inflation :

Limite : liquidité 1-3 mois, frais d’entrée 8-12%. Adapté à un horizon 8 ans+.

Stratégie 4 — Obligations indexées inflation (OATi/BEI)

Les OATi (Obligations Assimilables du Trésor indexées inflation) versent un coupon « fixe + indexation IPC ». Vous êtes contractuellement protégé contre l’inflation.

Rendement réel attendu : 1-1,5% au-dessus de l’inflation. Pour un profil prudent qui veut sécuriser le pouvoir d’achat (et non chercher de la performance).

Cas pratique : 1 M€ sur 5 ans selon stratégie

Stratégie Rendement nominal moyen Inflation cumulée 5 ans Capital nominal final Capital pouvoir d’achat 2026
Compte courant 0% 0% 13% [≈] 1 000 000 € 885 000 € (-115 000 €)
Livret B Pro 0,5% 0,5% 13% 1 025 000 € 907 000 € (-93 000 €)
Compte rémunéré 3,4% 3,4% 13% 1 182 000 € 1 046 000 € (+46 000 €)
SCPI 6% 6% 13% 1 338 000 € 1 184 000 € (+184 000 €)
OATi 1,5% + inflation 4% (1,5+2,5 inflation) 13% 1 217 000 € 1 077 000 € (+77 000 €)

Lecture : pour préserver et faire croître le pouvoir d’achat de votre trésorerie, le compte rémunéré (avec indexation Euribor) ou la SCPI sont les solutions les plus efficaces.

La psychologie du dirigeant face à l’inflation

L’inflation crée 3 biais cognitifs :

  1. Illusion monétaire : voir 1 million € sur le compte = se dire « j’ai 1 million € » sans réaliser que c’est moins qu’il y a 5 ans en pouvoir d’achat.
  2. Aversion au risque : préférer l’inaction (et donc la perte certaine en réel) au placement (perte hypothétique).
  3. Court-termisme : ne pas se projeter sur 5-10 ans pour mesurer l’effet cumulé.

Ces 3 biais expliquent pourquoi 80% de la trésorerie d’entreprise française dort à 0% pendant que l’inflation tourne entre 2 et 5%.

Conclusion

En 2026, l’inaction sur sa trésorerie est plus risquée que l’action. Le seul vrai risque, c’est l’érosion silencieuse de l’inflation — un risque certain, là où le placement diversifié (capital garanti, contreparties solides) présente un risque quasi-nul.

La règle : ne jamais laisser plus de 3-6 mois de BFR sur un compte courant. Tout le reste doit être placé, à minima, sur un compte rémunéré indexé Euribor.

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Auteur : Alexandre Juvé — Cabinet Épargne Plurielle, courtier indépendant.

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